Christina Blatt, ingénieure projet chez GEA Aseptomag
« Je suis ingénieure projet chez GEA Aseptomag à Kirchberg en Suisse. Je viens de la technologie alimentaire, pas de l’ingénierie mécanique, mais mon poste est un pont entre ces deux mondes Je connecte les compétences des ingénieurs techniques avec le cahier des charges du client, l’automatisation et la programmation de projets. Je pilote aussi en interne des projets d’innovation en traduisant les insights techniques en solutions pratiques. J’ai rejoint GEA il y a quatre ans et suis la seule personne à occuper un tel poste, je pense qu’ils m’ont embauchée parce que j’apporte un point de vue neuf, externe par rapport à la fabrication des machines. »
« Mes parents réparaient beaucoup de choses eux-mêmes et je passais beaucoup de temps à les aider. Cette expérience m’a donné un esprit technique et pratique, qui s’est révélé fondamental dans mon environnement de travail. Les huit collègues hommes qui constituent le noyau dur de mon équipe m’ont immédiatement acceptée. Mais dans l’atelier, j’ai dû faire mes preuves Une fois qu’ils ont vu que je savais tenir une clé et m’en servir, j’ai été complètement acceptée. »
« Pas vraiment. Mes clients, mes fournisseurs et mes interlocuteurs sont en majorité d’Europe centrale et je n’ai jamais eu l’impression d’être traitée différemment à cause de mon sexe. Mais je pense vraiment que les femmes apportent souvent une approche différente en matière de leadership et de travail d’équipe. »
« J’aime créer les conditions pour connecter les gens. Vous pouvez mettre deux excellents ingénieurs dans une pièce, mais s’ils ne se font pas mutuellement confiance, ils ne créeront rien de génial. Je crois qu’il faut permettre aux gens de se connaître, de comprendre leurs sens de l’humour respectifs et de se sentir à l’aise quand ils collaborent. C’est pourquoi j’ai mis en place une charte d’équipe qui explique comment nous communiquons : des choses comme répondre aux e-mails, activer les caméras lors des réunions et lever la main pour parler. Au début, mes collègues hommes étaient sceptiques, mais ils ont commencé à l’utiliser dans leurs équipes. C’est génial ! »
« Des biais de genre subsistent dans le processus d’embauche. Des questions comme : « Voulez-vous des enfants ? Pouvez-vous travailler à temps plein « ne sont jamais posées aux candidats masculins. Nous devons nous affranchir du passé et reconnaître les avantages d’avoir des femmes au sein d’une équipe. Les femmes créent souvent un environnement ouvert dans lequel toutes les voix se font entendre, elles sont plus enclines à reconnaître les risques et les dynamiques de groupe que d’autres pourraient sous-estimer. »
« Personnellement, je me sens chanceuse. En tant que femme allemande et indépendante vivant en Suisse, je peux aller partout, tout faire et travailler avec des gens fabuleux. Mais à une échelle plus globale, je m’inquiète. Nous avons connu des années de stabilité, mais j’ai bien peur qu’elle ne soit en train de s’éroder, en particulier pour les personnes qui se trouvent dans des situations de vulnérabilité, et je ne pense pas qu’aux femmes. Mon rôle chez GEA me permet de façonner l’innovation et la collaboration, mais j’espère aussi faire partie d’un plus vaste mouvement de changement, qui assure que n’importe qui puisse accéder aux secteurs techniques et y faire carrière. »